EELV 41

Avis au sujet du projet de nouvelle ligne d’incinération de Valcante

Du 23 novembre au 19 décembre, a lieu la consultation préalable pour la construction d’une nouvelle ligne d’incinération sur le site de Valcante à Blois. Ce projet pose plusieurs questions.

En premier lieu au niveau environnemental. Une nouvelle ligne d’incinération, c’est une augmentation des rejets gazeux et des potentielles pollutions locales de l’air pour les populations environnantes. C’est aussi une production supplémentaire de déchets d’incinération, (mâchefers, REFIOM), polluants eux aussi, car souvent chargés de métaux lourds. Aucune évocation des quantités de ces rejets et déchets d’incinération supplémentaires ne sont évoqués dans le dossier, sinon une évocation du respect du cadre réglementaire pour l’air. On minimise même la circulation supplémentaire de camions (30 par jour) en évoquant un nombre déjà très important de véhicules sur l’axe. Donc message envoyé aux riverains de Villejoint et de Villebarou : un peu plus, ça ne changera pas grand-chose pour vous. Pourquoi, plutôt qu’une réunion dans un tout autre quartier de la ville, une information spécifique et précise n’a-t-elle pas été distribuée aux riverains, habitants et usagers des entreprises, commerces et du CFA situés à proximité directe de l’usine ?

En second lieu, au niveau climatique. Une unité d’incinération supplémentaire, c’est aussi une augmentation des émissions de CO2 dans l’atmosphère. Le projet est pourtant présenté comme s’inscrivant dans une démarche de lutte contre le réchauffement climatique en invoquant la loi de 2019 sur l’urgence climatique et présentant, à tort, les déchets valorisés comme une énergie renouvelable. Si une partie de ce qui compose les déchets d’incinération est renouvelable (le bois, le textile naturel), ce n’est pas le cas des matières plastiques qui en composent une grande partie. Sous entendre ainsi que cette nouvelle installation comme presque un four à bois est largement exagéré. D’autant plus que ces matériaux recyclables, bois et textiles disposent déjà d’autre filières de valorisation sur le territoire (borne textiles, benne mobilier par exemple)

Enfin, au niveau économique. La construction de cette unité prévoit un investissement énorme, aujourd’hui estimé entre 45 et 70 millions d’euros, un engagement qui va grever pour des dizaines d’années les finances publiques locales, forcément au détriment d’autres solutions plus écologiques. Alors que la quantité de déchets tend partout à diminuer, que l’obligation de traitement des déchets fermentescibles va se généraliser, on créer un four supplémentaire sans remettre en question l’usage des fours existants. Le schéma présenté dans le document de concertation est à ce titre éclairant : on augmente avec ce nouveau four la capacité disponible dans les deux autres, alors que la production de déchets locaux (périmètre VALECO, c’est à dire communauté de communes de Blois, Amboise et Vendôme) se réduit et ne sature pas les fours existant, elle ne l’a d’ailleurs jamais fait. On crée donc à nouveau, comme lors de la construction de l’incinérateur, une surcapacité qui implique une dépendance pour alimenter les fours à l’importation de déchets de plus en plus lointains. Les blésois ont-ils vocation à recueillir sur leur territoire des déchets en provenance de toute la région, voire au-delà ? Les contribuables des communes membres de VALECO doivent-ils payer pour traiter ces déchets ? Ce n’est pas l’objet du syndicat, qui devrait en priorité travailler à la réduction des déchets produits sur le territoire. Nous pensons que cet investissement supplémentaire se fait au détriment de solutions alternatives bien plus pertinentes, comme par exemple le soutien aux collectivités pour la mise en place de solution pour le traitement des biodéchets (exemple des bornes à compost de Lyon), la valorisation des déchets de bois ou la mise en place de déchèteries disposant de véritable filières de valorisation pour les professionnels, notamment les artisans locaux.

Enfin , il faut considérer que l’étude qui va déterminer s’il est vraiment nécessaire et souhaitable de construire ce troisième incinérateur est réalisée par la même entreprise qui construirait ce troisième four …Il est hautement improbable que ce soit le meilleur moyen d’avoir une étude impartiale qui défende en premier lieu les intérêts de notre Collectivité et de ses habitants.

Le choix de l’incinération fait il y a maintenant plus de vingt ans a des conséquences écologiques et financières importantes sur le territoire. Nous doutons de l’opportunité d’une unité complémentaire pour VALECO, et si l’enjeu est d’alimenter le réseau de chaleur, il doit dans ce cas se faire au minimum en limitant strictement les quantités incinérées à Blois, c’est à dire en prévoyant la fermeture de l’un des deux autres fours actuellement en activité ou, bien sur, en rénovant les deux fours existants.

EELV Loir et Cher

Nous vous remercions pour votre contribution et l’intérêt que vous portez au projet.